Les systèmes d’agriculture de conservation réduisent la pression de la chenille légionnaire d’automne en culture de maïs au Bénin
DOI :
https://doi.org/10.62344/bz8qpm57Mots-clés :
Systèmes de culture, Spodoptera frugiperda, Gestion intégrée des ravageurs, Afrique Sub-SaharienneRésumé
La chenille légionnaire d’automne, Spodoptera frugiperda J.E. Smith (Lepidoptera : Noctuidae), constitue une menace majeure pour la production de maïs en Afrique subsaharienne, mais des stratégies de gestion pratique et durable restent insuffisamment documentées. L'étude a examiné si l’agriculture de conservation réduisait la pression de la chenille légionnaire par rapport à l’agriculture conventionnelle, et comment ces systèmes modulaient l’efficacité des insecticides. Un dispositif expérimental en split-plot avec quatre répétitions a été mené dans la zone cotonnière du Bénin sur deux saisons de culture. Le système de culture (deux systèmes conventionnels et deux systèmes de conservation) était le facteur principal. L’application de traitement insecticide (acétamipride + benzoate d’émamectine) était le facteur secondaire. L’incidence de l’infestation par la chenille légionnaire, la sévérité des dégâts foliaires et le nombre de larves ont été suivis de 20 à 48 jours après semis et analysés à l’aide de modèles linéaires généralisés mixtes (GLMM) et de modèles mixtes à lien cumulé (CLMM). Les systèmes d’agriculture de conservation ont systématiquement montré une incidence d’infestation, une sévérité des dégâts et des comptages larvaires significativement (p < 0,05) plus faibles que les systèmes conventionnels. En moyenne, sur l’ensemble des traitements, les systèmes conventionnels présentaient un risque d’infestation 2,4 à 2,9 fois plus élevés que les systèmes de conservation. L’insecticide a réduit la pression du ravageur dans tous les systèmes, mais son effet était nettement plus fort dans les systèmes conventionnels (réduction d’environ 4 fois) que dans les systèmes de conservation (réduction de 2 à 3 fois). En l’absence de traitement, les systèmes de conservation ont atteint des niveaux de dégâts comparables à ceux des systèmes conventionnels avec insecticide. Ces résultats démontrent que l’agriculture de conservation assure une suppression intrinsèque de la chenille légionnaire et peut réduire la dépendance à la lutte chimique. Intégrer l’agriculture de conservation dans les programmes de gestion de la chenille légionnaire pourrait ralentir le développement de la résistance aux insecticides tout en maintenant une protection efficace des cultures dans les systèmes maïsicoles des petits exploitants d’Afrique subsaharienne.
Publiée
Numéro
Rubrique
Licence
(c) Copyright Bulletin de la Recherche Agronomique du Bénin 2026

Ce travail est disponible sous licence Creative Commons Attribution - Pas de Modification 4.0 International.
Les articles publiés par le Bulletin de la Recherche Agronomique du Bénin sont en libre accès. Ils sont gratuits pour tout le monde, immédiatement téléchargeables dès la publication et distribués sous la licence CC BY-NC-ND (https://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/).
